Psychanalyse

 La psychanalyse : un travail en profondeur

Mieux se comprendre, s’investiguer vraiment, se débarrasser de ce qui nous entrave dans notre vie, relations toxiques, addictions, manque de confiance en soi, peurs… Autant de questions difficiles dont la psychanalyse peut nous débarrasser. Cependant il n’est pas nécessaire de se sentir mal pour entamer une cure psychanalytique.

Freud, neuropsychiatre autrichien, est l’inventeur de la psychanalyse, une investigation des processus psychiques profonds propres à chacun. A partir de la parole, elle explore la vie psychique – entre conscient et inconscient – pour essayer de décrypter, d’élucider et de comprendre ce qui est à l’origine de certaines pensées, de certains actes, de certaines troubles psychologiques. Elle permet à la personne de mieux connaître le pourquoi de son comportement, de ses difficultés et d’y apporter compréhension et remède. Elle ouvre ainsi au mieux-être et à l’autonomie.

La Psychanalyse : pourquoi ?

Le fonctionnement psychique d’un individu peut se diviser en trois parties : le ça , qui représente l’inconscient, le surmoi, qui regroupe les différentes valeurs morales d’une personne, surmoi hérité des parents et le moi, qui correspond à ce que nous appelons la conscience. Ces deux derniers sont à la fois conscients et inconscients.

La psychanalyse accorde beaucoup de place à l’inconscient. Elle décrypte ses messages à travers les rêves, les actes manqués, les lapsus… Elle s’intéresse aussi aux mécanismes de défense, des processus inconscients qui protègent la personne de souvenirs trop douloureux ou de situations difficiles à accepter. C’est notamment le cas du refoulement. Elle prend aussi en compte des désirs sexuels et des pulsions refoulées.

La psychanalyse s’adresse aux personnes souffrant de difficultés variées, troubles psychiques qui modifient leur comportement ou troubles de santé à répétition qui ne répondent pas à la médecine comme les troubles fonctionnels – maux de ventre récurrents par exemple sans réelle inscription somatique. Mais elle s’intéresse aussi aux phobies, aux crises d’angoisse, à tout ce qui, d’une manière ou d’une autre entrave le bien-être d’une personne. Elle peut également être utile à une personne souhaitant simplement mieux se connaître et vivre en harmonie avec elle-même et les autres.

En principe, la psychanalyse ne traite pas les psychoses telles que la schizophrénie, la paranoïa, les hallucinations, les troubles bipolaires… Par contre, elle permet d’accompagner un patient souffrant de ce genre de troubles en association avec un psychiatre qui prescrira des médicaments. Même si certains psychanalystes se sont spécialisés dans leur suivi.

La psychanalyse : comment ?

Une psychanalyse nécessite parfois plusieurs années de travail, à raison d’une à trois séances par semaine de 30 à 45 minutes. Il existe aussi des psychanalyses courtes. Mais rien n’est défini à l’avance. Tout se décide durant votre parcours avec votre psychanalyste.

Physiquement, le patient est souvent allongé, le praticien se tenant assis derrière lui. Ce dernier parle peu durant les séances, préférant analyser ce que vous lui raconter mais Il intervient de temps en temps afin de vous guider dans votre exploration. Une psychanalyse peut aussi se réaliser assis en face à face.

La Psychanalyse : Quel apport ?

Entrer en analyse, c’est choisir de réfléchir sur soi en profondeur. C’est reconnaître qu’on n’efface pas en quelques jours ou quelques semaines des difficultés qui se sont mises en place depuis longtemps. C’est décider de s’accorder du temps à soi, d’ouvrir un espace de réflexion à des champs inexplorés. C’est accepter de se responsabiliser sur ce qui nous arrive et se ré-approprier sa vie.

Dans ce temps consacré  à l’introspection, les premiers effets sont souvent plus rapides qu’on ne l’imagine. Reste ensuite la motivation, la capacité du patient à examiner son existence en pleine conscience, à accepter les découvertes qu’il fait, à accepter de se confronter à la réalité. Une réalité souvent refoulée par besoin de protection, d’affection, de reconnaissance.

Votre psychanalyse sera ce que vous en ferez, dépendra de votre capacité à regarder votre vie avec lucidité. A vous pardonner et à pardonner aux autres.

Comprendre ou com-prendre soit  prendre avec le pourquoi de nos difficultés ne nous mène pas forcément à la félicité. Nous changeons des habitudes, des comportements, nous en conservons d’autres mais on le fait d’une manière plus consciente en répondant librement à nos besoins. En décelant les schémas répétitifs – c’est à dire névrotiques – qui nous entravent, nous gagnons en autonomie.

Nous ne sommes pas tous égaux devant la capacité à prendre conscience de ce qui nous freine. Déchiffrer seul certains comportements, nos problématiques inconscientes est souvent difficile. L’inconscient étant, par définition, inaccessible à la conscience. Le rôle du psychanalyste est donc de nous accompagner. 

Si être psychanalyste c’est la capacité de se laisser surprendre,  alors rien de ce qui est dit dans la cure ne doit nous échapper

Psychanalyse et lignée familiale

La psychanalyse s’intéresse à tous les éléments de notre personnalité, à tout ce qui nous constitue et fait de nous une personne singulière. C’est pourquoi un travail psychanalytique peut entraîner le patient vers la psychogénéalogie appelée par certains auteurs psychanalyse transgénérationnelle, approche biographique ou génosociogramme.

La psychogénéalogie, une pratique clinique développée par Anne Ancellin Schützenberger, une psychologue et psychothérapeute française vise à faire émerger les événements, les traumatismes, les secrets et les conflits vécus par nos ascendants. Des situations qui peuvent conditionner nos forces et nos faiblesses, nos troubles psychologiques, nos maladies, voire certains de nos comportements étranges ou inexplicables.

Françoise Dolto s’est intéressée à cette question et a soutenu les travaux d’un autre psychanalyste Didier Dumas, l’un de ses élèves. Celui-ci va montrer comment nous sommes parfois porteurs d’un fantôme généalogique qui nous amène à prononcer des paroles ou à réaliser des actes inattendus comme le ferait un ventriloque avec une voix différente, une voix sortie d’ailleurs…

D’autres psychanalystes comme Nicolas Abraham et Maria Torok ont également étudié ce qu’ils appellent le travail du fantôme : un mort non enterré – au sens psychologique et symbolique du terme – revient tourmenter l’un de ses descendants en l’amenant à se comporter de manière curieuse, incompréhensible.

La psychogénéalogie est donc un processus de travail qui consiste à remonter les générations, en y recherchant les événements marquants, ce que les générations précédentes n’ont pas su résoudre, ce qu’elles ont fait de bien ou de mal et de décortiquer ces éléments, de les analyser afin d’en déduire les incidences sur nous-même et notre entourage.

Qu’est ce que vous n’avez jamais vécu, dont vous connaissez à peine l’existence, voire pas du tout, mais qui, inconsciemment, vous empêche de mieux vivre et vous emprisonne ?

L’influence de nos ascendants

Nous sommes le résultat de plusieurs filiations. Celles de nos deux parents comme celle de tous les ascendants qui les ont précédé. Origines géographiques, lieux de vie, études ou non, métiers, culture et usages familiaux, croyances religieuses ou pas, nos filiations constituent un immense puzzle dont notre existence est impactée. On y retrouve des dettes émotionnelles, des dettes économiques, de l’argent prêté et jamais rendu, des enfants mieux aimés que d’autres, tout un héritage – réel et symbolique – qui aura de l’influence sur notre histoire. Une sorte de « grand livre des comptes », selon les travaux de Nagy Boszormenyi, un psychiatre américain d’origine hongroise qui a travaillé sur l’éthique relationnelle.

Comment réaliser « son arbre » ?

C’est un travail de recherche qui passe par l’établissement de son arbre généalogique à partir de tous les éléments que vous pourrez rassembler : souvenirs des parents, des grands parents, de la famille élargie, des amis, de tous ceux qui, encore vivant, peuvent vous éclairer sur le passé de votre histoire depuis votre naissance mais aussi avant et, si possible, bien avant. Dans ce travail, tout peut être utilisé : extraits de naissance, actes notariés, lettres, journaux intimes, photos… L’arbre généalogique peut se réaliser seul en utilisant par exemple un paperboard où vous consignerez toutes vos découvertes au fur et à mesure mais je peux aussi vous aider à le construire. Ensemble, nous collecterons les informations recueillies et je vous aiderai à les associer, à les mettre en parallèle, en abîme et, bien sûr, à les interpréter.

Séance individuelle 1h : 100 €

Pour prendre un rdv  : contact@janindevillars.fr ou 06 79 68 88 91


Vous pouvez aussi consulter mon livre sur la psychogénéalogie : Ces morts qui vivent en nous publié chez Fayard.


Un extrait du livre :

« Les décès à répétition, dans une famille, entrainent fréquemment l’impossibilité de faire un véritable deuil car chaque perte réveille la douleur de la précédente. Ces morts littéralement enkystées dans les survivants ne parviennent pas à se symboliser, à trouver leur place dans la chaine de la vie et des souvenirs. La déliaison est devenue la voie normale des relations humaines. Que ce soit dans le travail ou dans le couple, on ne s’engage plus pour la vie. La mort en est d’autant plus éludée. Nous sommes souvent assignés à gérer plusieurs vie successives sur un modèle assez proche de la réincarnation.« 


  pour éclairer la psychanalyse

Le psychanalyste travaille avec ce qu’il est convenu d’appeler le fantasme. Le discours du patient, aussi organisé soit-il, est à entendre du côté du signifiant; soit de ce qui, derrière l’enchaînement apparemment logique des mots et des idées, va produire un autre sens. Je parle ici d’un discours névrotique sans attache avec l’hallucination ou le délire. La névrose étant l’ordinaire de chacun, nous sommes tous, plus ou moins, des normaux-névrosés.

L’inconscient freudien s’organise donc comme un espace fondamentalement différent du discours manifeste qui retient habituellement l’attention.

Pour user d’une métaphore graphique, ce n’est pas le message étranger que le chercheur s’efforce de décoder à partir d’un vieux parchemin, c’est un autre texte, calligraphié en-dessous, qu’il faudra, par exemple, lire en se servant d’une bougie pour dans les pleins, les déliés et les blancs d’une écriture sans épaisseur, permettre à la vérité de se dévoiler.

L’inconscient

Dans son livre Métapsychologie publié en 1915 Freud écrit d’ailleurs dans le premier paragraphe sous le titre Justification de la notion d’inconscient : « les données de la conscience sont continuellement lacunaires; aussi bien chez l’homme sain que chez le malade, il se produit fréquemment des actes psychiques qui pour être expliqués, présupposent d’autres actes qui, eux ne bénéficient pas du témoignage de la conscience. »

Un autre texte illustre parfaitement cette hypothèse. Dans un livre intitulé Les mots pour le dire (Grasset 1975) l’auteure, Marie Cardinale, raconte qu’elle souffre d’hémorragies constantes non justifiées sur le plan médical. Elle décide de commencer une psychanalyse et apporte cette information à l’analyste qui lui rétorquera : « Ce sont des troubles psychosomatiques, parlez-moi d’autre chose. »

Son thérapeute exige ainsi qu’elle s’aventure au-delà de la réalité pour laquelle elle est venue consulter. Cet au-delà, c’est le conflit intrapsychique. Il pose que ce conflit, générateur de souffrance pour la personne, ne se situe pas entre le moi et l’extérieur mais qu’il est installé à l’intérieur de la personne où il entraîne une sorte de division.

Partant de là, on pourrait dire que la réalité est de peu de poids dans une psychanalyse. Que tout sentiment exprimé par le patient sur un certain mode comme Je n’ai jamais détesté ma sœur, par exemple, serait du coup à interpréter du côté de la dénégation, un désaveu inconscient de quelque chose de vrai. Autrement dit : J’ai détesté ma sœur.

Or, qu’est-ce que la réalité, sinon une reconstruction subjective – après coup – de la façon dont la personne a retenu son histoire. Une histoire qui s’inscrit aussi dans un cadre socio-historique déterminé, à tel moment et à telle date, avec des intrications entre le social et le psychique.

La souffrance psychique et le psychanalyste 

Dans la souffrance psychique de n’importe quel sujet, on relève toujours l’existence d’amalgames, de nœuds interpersonnels entre des déterminants réels et la manière fantasmatique que la personne en retiendra.

Un psychanalyste doit donc aussi être attentif au discours sociologique latent, origines sociales, trajectoires parentales mais aussi projets formés par les parents pour leurs enfants. Ce qui ne met pas un frein à d’autres interprétations du côté du fantasme. Ainsi le projet parental et la façon dont il aura été réalisé ou, au contraire, abandonné par le sujet va pouvoir donner accès à la compréhension et à la résolution de certains symptômes.

J’en ai moi-même fait l’expérience en découvrant, chez un patient souffrant d’éjaculation prématurée, l’intrication d’un conflit sexuel – une représentation de la scène primitive – et d’un conflit social centré autour de la honte – humiliation publique du père. Les deux scènes ayant entraîné une émission incontrôlable d’urine qui n’avait pu être traitée ni par la médecine, ni par une cure traditionnelle. Une cure que j’ai relaté dans le livre de Vincent de Gaulejac et Claude Coquelle, La part de social en nous, Sociologie clinique et psychothérapies, p. 133, Eres 2017).


Analyse systémique et psychanalyse

C’est Paul Watzlavick, un psychanalyste américain, qui a fondé, dans les années soixante, les thérapies systémiques familiales. Ce sont des thérapies brèves, par opposition aux thérapies de type psychanalytique. Elles vont se développer au sein de l’école de Palo Alto aux Etats Unis avec des chercheurs comme Gregory Bateson. Palo Alto devient une référence en psychothérapie en établissant un lien entre communication, relations familiales et troubles du comportement. 

Le systémicien

Le systémicien va considérer que le symptôme présenté par une personne est le résultat d’un dysfonctionnement de tout l’environnement dont il fait partie intégrante. Selon les systémiciens, il n’y aurait pas de fou, mais seulement des relations folles. Autrement dit, tout comportement est adopté en interaction avec autrui, enchevêtré dans un réseau relationnel. Il écrit : « Il n’y a pas d’individu malade en soi mais des systèmes sociaux et familiaux qui induisent des pathologies ».

Ainsi, avec un alcoolique, l’approche systémique s’efforcera de traiter l’ensemble du système relationnel de la personne. En effet l’alcoolodépendant n’est que le bouc émissaire d’un système familial qui dysfonctionne. Elle est son héraut, son messager, celui qui exprime ce qui ne va pas dans le système. Un comportement alcoolique peut avoir été adopté pour se conformer à certaines attentes : se soûler comme un des parents, oublier de vieilles souffrances grâce aux propriétés euphorisantes du produit.

Le systémicien ne va donc pas chercher à retracer la genèse du problème mais s’engager dans un comment agir sur ce problème afin que la  part sociale qui entraîne ce comportement cesse. Ceci sans méconnaître la dépendance physique qui peut aussi faire l’objet d’une approche médicale.

L’analyse transactionnelle

La théorie des jeux psychiques développée par l’analyse transactionnelle s’inspire aussi, dans une moindre mesure de l’analyse systémique. Elle montre que, dans une communication défaillante ou une relation pathogène, chaque acteur adapte son comportement à celui de l’autre, selon un scénario inconscient afin de maintenir les protagonistes dans leurs systèmes respectifs.

Le modèle général de ces jeux psychiques est le Triangle dramatique de Karpmann, du nom de son inventeur, le psychiatre Stéphane Karpmann. On retrouve aux trois points du triangle des rôles de persécuteur, victime et sauveur. Autrement dit, tout ce qui nous fait mal dépend d’une histoire personnelle, familiale, psychologique mais aussi culturelle et sociale

Les souvenirs oubliés ne sont pas perdus
 FREUD